"Art. Destruction continuelle et reconstruction permanente. Une éternelle renaissance. J'ouvre mes yeux à chaque minute pour apprécier le monde. Je suis naïve. J'ai le regard doucereux de l'oeil qui vient d'éclore. Mon évolution est saccadée de ruptures et d'explosions. Il faut que mon évolution soit, car même au prix de tant de larmes, de tant de hurlements, et de parfois tant de solitude, elle est nécessaire. Je ne peux pas stagner. Je ne peux pas regarder le passé, et surtout pas le regretter. A l'instant où j'ai apprécié la rupture, j'étais déjà entrain de la refermer. Accepter, comprendre. Et je peux progresser. Tant de gifles, tant de crises que sont ces éternelles fins, il faut banir le ]regret. Avancer. Le regret, l'ennui et la stagnation sont complices. Et ce sont les pires ennemis, les pires destructeurs, en dépit de notre bon vouloir. Le monde est constellé de tâches, le monde est constellé de sang, et nous y passerons comme les autres. Chaque oeuvre d'art est la rupture dans la continuité, et chaque oeuvre d'art renferme une existence à elle seule. Quand la vie est un art, quand l'artiste s'implique immodérément, lorsqu'il n'est plus rien que son propre art. Et lorsqu'au bout, son oeuvre est plus lui que lui-même ne l'est. Lorsqu'il n'a plus rien à donner que lui même. Lorsque parmi l'immensité de son art son corps n'a plus de place. Lorsque sa propre essence le dépasse. Lorsqu'il a abouti son chemin de créateur. Peut-il fuir? Peut-il renoncer? Peut-il se résigner? Ou alors ne peut-il pas terminer son travail par une explosion magistrale? Un aboutissement? Une boucle bouclée? Et, lorsqu'au bout, Que veux-tu? Et si le suicide n'était parfois que la plus géniale, la plus provocante et irréversible des performances?"
Ce texte
ne reflète pas ma personnalité